Sex, drugs and...

27 octobre 2008


... Et... Envie de pleurer... de vomir rolleyes ...
(Sans aucun rapport avec une trop grande consommation d'alcool rolleyes ...)

La nuit était tombée depuis bien longtemps lorsque je suis rentrée à la maison et nulle étoile ne brillait dans les cieux... Il faisait trop nuageux pour ça... Malgré tout, il faisait bon. L'air était doux, bien qu'un peu humide et il y régnait une très légère tension... Il n'avait pourtant pas annoncé d'averses et encore moins d'orages... Du moins, c'était ce qu'il m'avait semblé à l'écoute du bulletin météo... Mais peut-être n'avais-je pas été assez attentive...
J'espérais de tout cœur ne pas m'être trompée à ce sujet car outre l'absence de ma mère pour le week-end, j'avais spécialement choisi cette soirée pour son absence de pluie...

Je n'avais pas mes clés sur moi. Sachant que je rentrerais tard, je les avais confiées aux autres pour qu'ils m'attendent chez moi et se chargent des préparatifs dont je ne pouvais m'occuper...
Au vue de la musique que j'entendais depuis l'extérieur, je savais que cela ne me servirait à rien de sonner, alors, je suis rentrée par derrière...
Ils étaient déjà tous là, il y en avait même un ou deux que je ne connaissais pas... Ils avaient déplacé la table de jardin jusqu'au milieu de la cour, avaient sorti le parasol (en pleine nuit, quelle drôle d'idée... Mais ça leur ressemblait tellement), ouvert en grand les portes fenêtres donnant sur le salon et apparemment, allumés toutes les lampes de la maison...
- Alors, c'est à cette heure-ci que tu arrives ?
- Je sais, je suis en retard... Mais on est vendredi et vendredi, rien ne semble jamais tourner rond... Bref, j'ai été retenue...
- Vendredi ???
- Oui, bon, samedi matin, si tu préfères...
- Je préfère... mais le principal, c'est que tu sois finalement là... On va enfin pouvoir commencer !!! On a mis une partie des bières au frigo... Le reste est dans le couloir... Ah oui, j'oubliais, ne t'en fais pas pour tes chats, ils sont tous les 2 dans ta chambre, comme tu nous l'avais demandé...
- Ok, merci, c'est gentil ...
Et sans ajouter un mot, un peu stressée par ce temps nuageux et mon retard, j'ai continué mon chemin...
Une fois à l'intérieur, je me suis rendue dans ma chambre pour y déposer mes affaires et dire bonjour à mes chats.
Ensuite, sans réfléchir, je me suis dirigée vers le frigo pour y prendre ma première bière et je suis retournée dans le salon, plutôt contente d'être à la maison, même si je savais que la soirée s'annonçait riche en émotions diverses et intenses, pour enfin saluer tout le monde...

Au bout d'un moment, après avoir discuté un peu par-ci, un peu par-là, ma bière bien entamée et toujours à la main, je me suis aperçue qu'il n'y avait qu'une personne que je n'avais pas encore vue depuis mon arrivée: Harry...
Oh, il était là, c'était lui le meneur de la bande et une telle soirée sans lui était inimaginable... Mais voilà, depuis que j'avais regagné mes pénates, il n'avait pas arrêter de mener une conversation qui semblait plutôt animée avec une fille, dans la cour...
Les autres commençaient à s'impatienter et je savais que lorsque Harry se rendrait compte de cette tension qui se faisait de plus en plus sentir, il donnerait le départ officiel de cette fameuse soirée... Il fallait que je lui parle avant que cela ne se produise... Il le fallait absolument...
Alors, je suis sortie, l'air de rien... Et sous le regard des 2 garçons toujours assis à la table, je me suis dirigée vers Harry et cette fille... Je lui ai fait la bise, comme toujours, tout en toisant la fille qui se tenait à ses côtés et qui me regardait, méprisante au possible, en souriant...
- Harry, je peux te voir deux minutes ? Il faut que je te parle...
- Ça peut vraiment pas attendre ??? J'allais ouvrir les hostilités...
- Non, ça ne peut pas attendre...
- T'es sûre ? Allez, s'il te plaît, fait un effort... Les autres ont déjà beaucoup attendu tu sais...
- Je sais...
- Je te promets qu'on parlera de tout ce que tu voudras demain...
J'étais un peu dépitée par sa réponse, par sa réaction et les pouffements de rire de la fille, ces regards qu'elle me lançait me gênaient... Alors, j'ai baissé la tête, fuyant ainsi les sourires de Harry, son enthousiasme vis-à-vis de cette folle nuit de plaisir qui ne se terminerait qu'au tout petit matin...
- Très bien... C'est d'accord... J'attendrai...
"Après tout, c'est déjà mieux que rien" ai-je songé en retournant à l'intérieur...

De retour dans le salon, une étrange vague d'amertume m'a littéralement engloutie...
Mes pieds semblaient se figer dans le sol et je me suis sentie seule... Plus seule que jamais...
J'ai observé ces autres, riant, se pavanant dans mon salon, éméchés, impatients, excités au possible... et le temps paraissait désormais être sur le point de s'arrêter...
"Une distance..." ai-je pensé.
Il y avait une distance entre eux et moi... Une distance qui me frappait un peu plus fort à chaque seconde... J'avais la sensation de ne plus tout à fait être à ma place... et à vrai dire, je ne voulais pas être là, je ne pouvais pas être là ... Non, je ne voulais plus vivre ça...
J'avais déjà donné.... Oh, pas de façon extrême, mais suffisante, en ce qui me concernait...

Perdue dans mes sombres pensées, il m'a fallu un petit moment avant de me rendre compte que quelqu'un était en train de me secouer...
- Opaline !!! Oh ... On t'appelle dehors !! ... Opaline, tu m'entends ?!? ...
- Oui oui, ça va ... j'arrive...
J'avais tout de suite reconnu la voix de Harry... et il était trop tard pour fuir à présent...
- Opaline !! Te voilà enfin !! Ça doit bien faire 5 minutes que je t'appelle... Mais où étais-tu ?
- Nul part... Je réfléchissais...
- A quoi ?
- Oh, ça n'a aucune importance... Lui ai-je répondu, toujours attristée par cette situation, en venant me blottir contre lui, dans le bras libre qui lui restait... L'autre étant pour cette fille que je ne pouvais m'empêcher de trouver détestable et qui, manifestement, éprouvait le même ressentiment à mon égard...
Mon trouble n'avait pas échapper à Harry car avant de poursuivre, il m'a regardée, m'offrant ainsi toute la tendresse, la bienveillance et la protection dont il était capable en cet instant, comme il l'avait toujours fait... Puis, pour me rassurer, il m'a souris en me caressant doucement la joue et s'est alors tourné les autres qui s'étaient réunis devant nous...
- Très bien !! Tout le monde est là ???
- Ouuuiiii !!!
- Vous avez chacun et chacune votre partenaire ????
- Ouuuiii !!!
- Sûr ???
- Allez Harry... Accélère un peu le mouvement !!! ...
- Bon, et bien, je déclare cet nouvelle "Grande Nuit de la Décadence" ouverte .... Que la fête commence !! Et amusez-vous bien !!! ...
- Wouhou !!! C'était pas trop tôt ...
Et chacune et chacun se sont dispersés, s'en sont retournés à leurs "petits cocons" qu'ils avaient tous mis en place pendant qu'ils m'attendaient, pendant qu'ils s'imbibaient, gentillement mais sûrement, d'alcool...

Il ne restait que nous trois dehors... Harry, la fille et moi ...
Tandis que je sentais l'impatience de la fille croître de façon exponentielle de seconde en seconde, mon malaise lui, ne faisait que s'intensifier... J'étais paniquée... Ce n'était pourtant pas la première nuit de ce genre que j'allais vivre... Bien au contraire... Je pouvais même m'enorgueillir d'avoir plus d'expérience en la matière que la plupart de ces autres qui allaient s'adonner, chacun dans leurs coins, à leurs petits plaisirs... Mais non, je ne voulais vraiment plus être là ... C'était au-dessus de mes forces...
Harry s'est alors tourné vers moi... Délaissant la fille, qui semblait ne pas apprécié le fait d'être "le second choix", il m'a enlacée avant de m'embrasser avec toute la sincérité et la douceur que recélait son cœur...
Quelques larmes ont ruisselé sur mes joues et j'aurais voulu m'offrir à lui, comme je l'avais déjà si souvent fait de par le passé, afin d'honorer ce lien qui m'unissait à lui... Ce lien à la fois particulièrement fort et particulièrement mystérieux... Mais...
Il a du se rendre compte que je pleurais car il a subitement eu un mouvement de recul...
- Opaline ??? Mais enfin, qu'est-ce qui ne va pas ???
- Ce n'est rien...
- Ce n'est rien ? Tu te fouts de moi là !! Dis-moi ce qui se passe... Tu sais très bien que tu peux me faire confiance...
- Bien sûr que je le sais mais... Ecoutes Harry, je suis désolée... Je ne peux pas !! Pas comme ça, pas avec toi... Il faut que...
Mais je n'ai pas terminé ma phrase, j'ai pris la fuite...
Il a tenté de me retenir, tenté de me répondre mais la fille, bien contente de me voir partir, l'a empêché de me suivre...

Je ne savais plus quoi faire... Je ne savais plus où me réfugier... J'étais complètement perdue...
Alors, je suis sortie dans la rue. Je me suis cachée dans la descente de garage de ma voisine, dans un petit coin d'ombre, espérant que personne ne m'y trouverait et j'ai attendu... j'ai attendu qu'ils aient fini leurs "petites affaires" et qu'ils sortent. Ils le feraient... Ils étaient obligés de le faire s'ils voulaient se rendre à l'after où nous avions prévu de finir la nuit...

Assise à même le sol, sur des graviers plutôt inconfortables, avec pour seule compagnie quelques créatures nocturnes, ma peine, ma douleur et mes larmes, je me sentais hors de ce monde... hors de mon monde... Mais je continuais d'attendre...
Ce n'est que quelques heures plus tard que la voix de Harry s'est à nouveau élevée dans les airs...
Il était à ma recherche, il semblait quelque peu inquiet par ma disparition... Mais la voix de la fille s'est fait entendre à son tour... suivi de pas venant dans ma direction...
- C'est bon Harry, calme-toi... Elle doit pas être bien loin... Elle a du piquer sa crise et doit se cacher par là quelque part... Elle finira bien par sortir de son trou cette conne ! Et au pire, on la retrouvera demain... a-t-elle lancé, toujours aussi méprisante qu'auparavant...
En entendant ces mots, folle de rage, je me suis redressée avec la ferme intention de l'étriper sur place...
- Répète ça pour voir !! Non mais pour qui tu te prends !! Est-ce que je me suis permise moi de t'insulter ???
- Pfff ... Mais c'est qu'elle est succeptible la vieille... Et Harry, elle est ici...
En le voyant alors arriver en courant... je me suis remise à pleurer... J'ai oublié cette fille et j'ai traversé la rue pour me tapir dans un autre coin d'ombre non loin de là... en espérant qu'il ne me verrait pas...
- Où ça ? Où est-elle ???
- Ben elle était encore là il y a quelques secondes... Mais allez vient, on va finir par être en retard avec toutes ces conneries... Et puis laisse-là, elle n'en vaut pas la peine...
J'ai vu l'hésitation, les doutes et le désarroi lui emplir le regard... J'ai vu cette fille le tirer par la manche, bien heureuse d'avoir enfin Harry pour elle toute seule... Je l'ai vu faire demi-tour, me chercher du regard une dernière fois et l'esprit encore soumis à l'excitation de la fête, se diriger vers les voitures garées devant la maison...
Quelques instants plus tard, les moteurs se sont mis à rugir... Ils étaient partis... Et dans ce silence nocturne, amer et glacé, je me suis vraiment retrouvée seule... Loin de tout et seule...
Même si je savais que cela de durerait pas, puisqu'il leur faudrait rentrer pour venir se reposer et récupérer leurs affaires le lendemain, je me sentais à présent complètement vide... blessée au plus profond de mon être...

Le ciel s'était fait plus mençant... L'air était plus humide qu'à mon arrivée... Sans nul doute, il allait bientôt pleuvoir...
Je n'avais aucune envie de rentrer chez moi... Que les portes soient restées ouvertes, que toutes les lampes soient encore allumées n'avait pas la moindre importance à mes yeux... Personne ne s'en soucierait de toute façon...
Ainsi, puisque je ne pouvais plus remonter la rue (ce qui aurait signifier de devoir passer devant "l'Antre de la Décadence" qu'a été ma petite demeure durant toutes ces heures), une seule autre option s'offrait à moi, la descendre... Alors, la tête baissée, le dos courbé, les mains dans les poches de mon pantalon, c'est ce que j'ai entrepris...
Je marchais à pas lent... très lent... je ne pensais plus vraiment et j'avançais, sans trop savoir où j'allais...
Ce sont des voix qui m'ont ramenées à cet horrible réalité... J'avais atteint la Corniche. Un endroit réputé dangereux, un endroit qu'il valait mieux éviter... Enfin, c'était surtout la rue qu'il ne fallait pas emprunter dans de pareils circonstances, car c'était là que se réunissaient des gens vraiment peu fréquentables...
La Corniche, surplombant cette partie de la rue, bien que sombre et glissante offrait un passage sûr... Et si on ne faisait pas de bruit, il était dès lors possible de passer sans encombre...
Alors, j'ai poursuivi mon chemin. A pas de loup, collée à la paroi de la Corniche, j'ai continué à avancer sans trop me soucier des cris que poussaient les deux hommes en bas, apparemment en pleine dispute...
Et j'ai marché, encore et encore... jusqu'au café...
Il était encore ouvert, des gens s'animaient encore derrière les vitres...
J'ai observé ce bâtiment pendant quelques instants avant de pousser la porte d'entrée... Après tout, c'était toujours mieux que de rester dehors...
J'ai parcouru la salle du regard avant de me diriger vers le bar où il restait une place de libre...
Et tout de suite, le jeune homme à ma droite m'a accueillie...
- C'est à cette heure-ci que tu arrives ? Je commençais à croire que tu m'avais oublié... m'a-t-il dit en me donnant un rapide baiser sur le front avant de se remettre à discuter, sourire au lèvres, avec ses amis à lui...
Je ne l'ai pas regardé, je n'ai pas soulevé sa remarque, je lui ai simplement répondu par l'esquisse d'un sourire des plus faux... J'étais ailleurs... Noyée et anéantie par cette nuit...
- Une bière s'il-te-plait... Ai-je commandé au barman...
Je regardais ce verre, sans la moindre envie d'y toucher... et d'un air des plus absent, j'écoutais malgré moi la conversation de ce jeune homme qui venait de me saluer ainsi...
- Tu en as de la chance... C'est une perle que tu as déniché...
- Oui je sais... A-t-il répondu à son interlocuteur, littéralement aux anges parce que je l'avais enfin rejoint, le tout en me prenant la main ...
Mais je restais définitivement silencieuse... Hors du temps, hors de cette vie...
Ce jeune homme était quelqu'un de bien... Gentil, attentionné, doux, tendre... drôle et intelligent... Il m'aimait, sans pour autant me voir... et il avait des tas de projets pour nous... Mais le fait est, qu'apparemment, ce n'était pas mon cas...

Au bout d'un moment, j'ai fini par relever la tête et d'instinct, mes yeux se sont posés sur le miroir derrière le comptoir... J'ai observé ce reflet qui se tenait devant moi... ce reflet qui aurait du être le mien mais que je ne reconnaissais pas... que je ne reconnaissais plus...
"Est-ce donc ça ma vie désormais ? Est-ce donc ça ? Est-ce donc tout ce que je suis devenue ?" me suis-je demandée... et j'ai soupiré...
"Parfois, il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre...." ai-je poursuivis...
"... de toute quoiqu'il arrive, le jour finira par se lever..." me suis-je dit, lasse et triste avant d'avaler une petite gorgée de cette bière que je n'avais pas encore touché...

Le monde continuait de tourner... Ces gens dans ce café, continuaient de rire, de s'amuser, de discuter dans une ambiance bon enfant... Et moi, de mon ailleurs, je continuais de les observer en silence....
Dehors, la pluie avait fini par faire son apparition...


A mon réveil, au beau milieu de la nuit, ce rêve a continué à me hanter... Et aujourd'hui encore, il est encore bien présent dans mon esprit... me donnant tantôt la nausée, tantôt... l'envie de pleurer...


PS: A mon réveil, je me suis également dit que regarder 4 fois de suite, dans la même journée, "Harry Potter et l'ordre du Phoenix", n'avait pas été la meilleure idées que j'ai pu avoir (même si ce film m'a donné envie de relire le bouquin rolleyes ), car Harry était bien Harry et cette fameuse fille qui m'a à ce point malmenée durant ce long rêve était Cho, sa petite copine dans l'histoire ^^ ...


2 commentaires

PTM a dit…

OMG...

Et dire que tout cela était vrai...
Tu sais, à ce niveau ça s'appelle plus un rêve, mais un cauchemar ^^

glabou a dit…

Triste mais belle histoire.
Tu écris vraiment bien.

Enregistrer un commentaire