Ce soir...

12 septembre 2008
Sur fond de: rien du tout...
Je n'ai pas le coeur à écouter quoique ce soit en cet instant...


La fête bat son plein... Quelque part, par là, au loin...
Leur musique me parvient sans trop de difficulté et résonne entre mes murs... La distance à parcourir entre là-bas et ici est pourtant assez importante, mais le terrain est dégagé et c'est ainsi que sans y être, je sais...
Et je les imagine s'amuser, chanter, rire et discuter auprès du feu de camp qu'ils ont sans nul doute allumé... Boire un verre... et à nouveau rire et discuter....
Puis, ils lèveront les yeux au ciel, insouciants, le cœur léger et se laisseront émerveiller par ces myriades d'étoiles qu'ils verront scintiller... Tous ne le feront pas, mais pour certains, j'en mettrais ma main à couper...
Et enfin, lorsqu'il commencera à se faire vraiment tard, quelques-uns regagneront leurs tentes, tandis que d'autres, continueront à profiter pleinement de cette nuit jusqu'au petit matin, quitte à être fatigués... demain...
Oh oui, la fête bat son plein et je l'imagine parfaitement bien...

Et moi, l'éternelle oubliée, j'en ai la nausée et je tente vainement de retenir ces larmes qui ne cessent de perler aux coins de mes yeux...

J'y étais allée, à cette fête, les années précédentes... J'y étais allée, souriante et heureuse... Fière d'avoir trouvé ma place en ce bas monde, fière de me sentir vivante (liste non-exhaustive)... Mais cette fois-ci, je n'irai pas...
Je n'ai aucune envie de me retrouver face à ces êtres qui m'ont blessée... et en particulier face à un être qui s'est arrangé pour me désintégrer et répandre mes cendres aux quartes coins de cette maudite planète...
Je l'avoue, j'ai souvent tendance à me faire du mal toute seule, à me torturer toute seule... mais je ne suis pas maso ! Alors non, je n'irai pas...
Je m'étais pourtant dit que je m'y rendrais, le sourire aux lèvres, pour leur montrer... pour leur prouver... Mais les faits sont là... Je suis faible, je me traîne... J'en suis incapable... Comme pour bien d'autres choses encore...

En cet instant, ma profonde tristesse n'a d'égal que ma colère... Car lorsqu'ils seront paisiblement endormis dans leurs sac de couchage, contents d'avoir passé une excellente soirée, impatients de vivre la prochaine, moi de mon côté, je serai probablement encore debout, coincée dans mon impossibilité récurrente à trouver le sommeil, à m'accorder le moindre repos, le moindre répit... abattue... larmoyante... Et inévitablement, je ne pourrai m'empêcher de me demander ce qu'il me reste encore aujourd'hui...
Je sais, je l'ai déjà de trop nombreuses fois constaté... C'est la vie... Et la vie est injuste et cruelle...
Mais après avoir longuement réfléchis à la question, je peux vous dire que le nombre de choses un tant soit peu positives que cette vie m'apporte encore se compte sur les doigts d'une main... Ni plus, ni moins... Et ça, en ce qui me concerne, c'est une pensée des plus douloureuses et des plus détestables...
Pourtant, malgré moi, malgré tout, je continue à chercher quelques petites choses, ça et là, qui me permettraient de me raccrocher encore un peu plus à cette vie... Mais d'une certaine façon, l'envie d'y croire à nouveau me fait cruellement défaut...
Trop de mal pour trop peu de bien... Alors à quoi bon ?

Et la fête continue et continuera à battre son plein... Elle continuera à résonner entre mes murs, me rappelant avec insistance, qu'au fond, je ne suis et ne vaut plus rien...



Opaline, écoeurée, massacrée, qui va tenter de se changer encore un peu les idées en regardant un autre film...


2 commentaires

Anonyme a dit…

Que d'amertume et de tristesse dans ce texte. Je comprends que tu n'ais pas eu envie de te rendre à cette fête, bien que tentée pour le coté festif mais révoltée par les souvenirs qui te reviennent en mémoire. Pour cet 'être' qui t'as blessé tu n'as pas pardonné, sans doute est-ce cela qui te fait le plus mal et qui te ronge. Ta tristesse n'a d'égal que ta colère dis-tu, c'est d'abord envers toi-même que tu es en colère et cela te génère de la tristesse (comme je connais bien ce sentiment et combien j'ai pu me torturer avec !)
Par contre cela serait bien et bon que tu ne dises pas et plus que tu n'es rien et que tu ne vaux rien, que par moment on se sente inutile et mal aimée cela arrive à tout à chacun mais pour moi, tu es et tu vaux, tu as tout simplement une piêtre image de toi, ta torture commence là ! Cesse de te rabaisser et de te trouver des excuses, tu as ta place en ce monde et je te souhaite de trouver cette force et le courage qui t'amèneras à penser que tu as (malgré les cotés négatifs de la vie) des tas de cotés positifs en toi ! Je te fais plein de gros bisous et un calin virtuel ! Passe un bon dimanche Adorable Opaline que j'aime énormément..à bientôt, fofi.

Patrick a dit…

opaline,
ce texte et son immense tristesse m'ont touché. je te dirai juste, sans te connaître et pardonne moi mon impudence, qu'il est difficile de traverser des moments douloureux où l'on se sent infiniment seul. mais ne te dévalorise pas, essaie d'avoir confiance en toi, dompte ta sensibilité qui deviendra au fil du temps un atout. ton blog, tes textes en sont déjà la preuve criante. écris pour te libérer et nous charmer.
Amicalement,
PAT

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