Poussières...

31 août 2008
Sur fond de: AaRON - Le Tunnel D'Or


Mes nuits ne sont plus ce qu'elles étaient... Comme bien d'autres choses finalement...
Je ne dors plus vraiment et ne rêve plus qu'à de très rares occasions... Et lorsque cela m'arrive malgré tout, mes songes se montrent tantôt cruels, tantôt profondément malsains voire gores... Mais jamais ils ne m'effrayent... J'en ai connus d'autres, seulement autrefois, mon subconscient étaient empli d'histoires nettement plus joyeuses qu'ils me contaient assez régulièrement et ses récits ne devenaient sombres qu'une fois de temps en temps...

La nuit passée fût une de ces nuits ténébreuses... Et tout ce que j'en ai retiré, ce sont de simples poussières...
Ça m'apprendra à vouloir essayer de me coucher plus tôt tiens...

Il faisait nuit... Une nuit d'hiver...
La maison était vieille... Habitée par une vieille personne, ma grand-mère...
Une porte d'entrée, un long couloir dans lequel s'entassaient de nombreux trucs, bidules, machins choses, souvenirs d'une lointaine époque... Une autre porte, une pièce aux murs tapissés d'un horrible papier peint défraîchi par les ans... Une table, 4 chaises, un fauteuil et quelques personnes... Mes cousins, mariés, nouveaux parents étaient fièrement venus présentés leur progéniture à ma grand-mère devenue donc tout récemment et pour la première fois arrière-grand-mère...
La soirée se passait bien, chacun y allait de sa petite histoire, de sa dernière aventure passionnante, de ses derniers exploits... Tout le monde, sauf moi... Comme à mon habitude en leur présence, je restais en retrait... Effacée, discrète, silencieuse... Bien à l'abri derrière ce masque que j'ai appris à porter au fil du temps, celui de la fille "trop différente", limite "ratée", qui n'a jamais rien à dire et qui ne dit donc jamais rien... Celui qui sauve les apparences, celui qui sourit à tous leurs blabla, celui qu'ils ont toujours vu et qu'ils verront toujours...
Ce n'était qu'une corvée... Une corvée de plus... Une corvée parmi tant d'autres...
Et bien vite, je me suis repliée dans mon monde... Je les ai laissés à leurs bavardages "de grands" qui n'avaient aucune importance à mes yeux et j'ai préféré m'occuper des petits bouts de choux, mignons et innocents, qui m'observaient du coin de l'œil depuis un bon moment...
Ils étaient calmes mais bien content d'avoir un peu de compagnie... Je les ai nourris, changés et j'ai joué avec eux jusqu'à ce que le Marchand de Sable ne les emmènent... Ils étaient toujours profondément endormis lorsqu'un peu plus tard, mes cousins ont décidé de regagner leurs maisons respectives...
Ma grand-mère jubilait, elle était en extase devant ces petits êtres à la chair douce et rosée et ses regards étaient lourds de sous-entendus... Mais c'était une chose on ne peut plus habituelle venant d'elle et cela n'a fait que glisser sur ma façade joyeuse... Ce qui ne m'a malgré tout pas empêché de me sentir stupide...
Ce sentiment n'a duré qu'un court instant car après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge murale de la pièce, je me suis aperçue que ma soirée à moi, allait bientôt commencer et ce malgré l'heure tardive qu'il était...
Et c'est une quinzaine de minutes plus tard que mes "amis" ont débarqué... Quelques filles, quelques garons et un monsieur d'âge plutôt mûr (entre 40 et 50 ans)...
Dès leurs arrivée, nous sommes montés au grenier... Un vieux sol en bois, de vieilles fenêtres crasseuses et une couche de poussière énormes qui recouvrait pratiquement tout... Chaque bibelot, chaque armoire, chaque bidule machin truc muche (ou presque) portait cette trace que peut laisser le temps... L'air était lourd, irrespirable, l'ambiance macabre et malsaine... et pourtant, c'était là que vivait le monsieur, depuis peu...
Ils nous avaient tous invités, mes "amis" et moi à boire un verre dans son "chez lui" qu'il n'avait pas encore pris le temps de réellement aménager...
Il y avait un grand sofa confortable, une télévision, un mini-bar et le reste n'étaient que les souvenirs poussiéreux de mes grand-parents...
La soirée se passait extrêmement bien... Débarrassée de mon masque, je riais, parlais et m'amusais assez bien... Et puis, le monsieur nous à fait voir sa dernière installation qui se situait dans une des "pièces" du grenier: son "bain", mélange entre une piscine et une baignoire gigantesque... Je ne sais trop comment il a fait, mais l'eau venait remplir (inonder serait plus juste) une grande partie du grenier à même le sol et sur une bonne hauteur de ce dernier, ce qui lui permettait de se relaxer et de se laver...
Curieuse et amusée, j'ai tout de suite voulu l'essayer... Alors, j'ai enlevé mes basquettes, mes chaussettes, mon t-shirt et mon soutient gorge (mais j'ai gardé ma jupe (moi qui n'en porte pratiquement jamais)), j'ai tout laissé dans la pièce où nous nous trouvions avant (avec un livre que j'avais emporté) et je suis allée m'assoir dans ce "bain" tout en continuant à discuter avec le reste de mes "amis" (ça ne me serait jamais venu à l'esprit dans la réalité)... Certains sont venus me rejoindre tandis que les autres buvaient un nouveau verre...
Petit à petit, le niveau de l'eau a fini par redescendre, sans explication... Je l'ai fait remarqué au monsieur qui m'a dit qu'il allait arranger ça... Il a commencé à chipoter à quelques boutons pendant que je jouais avec des objets qui flottaient encore sur l'eau... et c'est là que nous avons entendu le bruit... Un cri, ni humain ni animal... Un cri monstrueux et ensanglanté... Un cri terrifiant qui nous a tous calmés... Mais j'ai continué à jouer avec ce que je trouvais dans ce qu'il restait d'eau... Il ma fallu un certain temps avant de me rendre compte que je manipulais un de mes soutient-gorge... Soutient que je ne portais pas ce jour-là (celui que j'avais laissé dans la pièce d'à côté était blanc alors que celui avec lequel je jouais était noir)... Il y avait quelque chose dans les bonnets du soutient... Quelque chose, de rouge, de collant, de visqueux...
Tout en continuant à discuter avec les autres, à regarder le monsieur s'affairer avec sa "machine", j'ai vainement tenté d'enlever cette substance semblable à de la chair de mon soutient (c'est mon préféré ^^), mais rien n'y faisait...
Mes "amis", suite à ce cri, commençaient à être de plus en plus nerveux, de plus en plus inquiets et moi, toujours assise dans ce restant d'eau, tout ce qui m'importait, c'était de nettoyer mon soutient...
Le monsieur s'échinait à réparer sa machine qui ne voulait plus redémarrer et donc à nouveau remplir le "bain" et s'échinait tant qu'il finit par casser un bouton... Il nous a alors dit qu'il allait chercher de quoi le remettre en état et a quitté la pièce... Je savais, avec le cri que nous avions entendu, qu'il ne reviendrait plus, mais ça ne m'a pas inquiétée outre mesure...
Il commençait vraiment à se faire tard (ou tôt) et mes amis profondément angoissés, rassemblés autour de moi dans ce "bain" presque vide, voulaient rentrer chez eux... J'étais la seule à connaître la maison et après un dernier essai de nettoyage de mon soutient, j'ai fini par me dire, qu'effectivement, il était temps...
Je me suis levée, emportant mon soutient et leur ai dit d'attendre encore quelques instants afin de pouvoir récupérer mes affaires et me rhabiller... Et sans crainte, sans angoisse, je me suis dirigée vers la pièce où j'avais tout laissé alors que je savais qu'une mort certaine m'y attendais...
Un fille m'a rattrapé et a tenté de me raisonner, me disant que ce n'était pas grave, que j'avais d'autres vêtements, mais je ne l'ai pas écoutée, je voulais absolument reprendre mon livre... je lui ai dit que je serais prudente... Et je l'ai été...
J'ai entrouvert la porte sans bruit... Mes affaires se trouvaient-là, à même pas un mètre de moi, juste sous mes yeux, je n'avais même pas besoin d'entrer complètement dans la pièce... Il me fallait juste m'étirer un peu et les attraper... Et c'est exactement ce que j'ai fait...
Mais alors que j'essayais de faire le moins de bruit possible, d'y aller le plus lentement possible, alors que j'avais presque repris mes vêtements et mon livre, quelque chose a attiré mon regard... Une forme vaguement humaine, sans réelle consistance, d'un noir plus que profond, était assise devant la fenêtre et observait le peu de vie nocturne qu'il devait y avoir à cette heure-là...
J'ai su en la voyant, que c'était elle, que c'était cette chose qui, pour une raison inconnue, voulait notre peau... Mais elle ne m'avait pas remarquée... Alors, j'ai gardé mon sang froid... La surveillant du coin de l'œil, j'ai ramené vers moi mes affaires, en silence, sans précipitation, maîtresse de chacun de mes mouvements... Pourtant, à mi-parcours, la chose s'est légèrement tournée vers moi, me laissant voir l'un de ses yeux d'un blanc laiteux et j'ai tout de suite compris, à l'expression de joie malsaine qu'elle affichait, qu'il fallait que je me dépêche... Je n'avais qu'un pas en arrière à faire... Je n'avais qu'à fermer la porte derrière moi ensuite et tout serait terminé... Et c'est une fois de plus ce que j'ai fait...
Je l'ai vue me foncer dessus, mais elle n'a pas pu m'attraper... Soulagée, je me suis dirigée en marchant vers mes "amis" qui m'attendaient, mais je n'avais pas fait 2 pas que j'ai entendu la porte se rouvrir... Je l'avais mal fermée et derrière elle se tenait la chose...
J'ai tout lâché, j'ai attrapé aussi vite que je le pouvais la poignée pour la tirer vers moi... Mais la chose avait pas mal de force et j'avais du mal à lui résister... Dans les quelques centimètres de porte ouverte, je pouvais la voir et l'entendre me rire au nez... Un rire plein de haine, de colère et de besoin de sang... Voyant que je ne pourrais plus tenir, j'ai appelé les autres à l'aide... Et c'est sur le temps qu'ils arrivent que j'ai ouvert les yeux...

Je ne saurai jamais si elle m'a dévorée ou non... Si nous avons réussi à nous en sortir ou si nous avons tous péris sous les crocs de cette chose.... Mais tout ce qu'elle m'a laissé à mon réveil, ce sont ces poussières... Cette saleté vieille de plusieurs années, grouillant de bestioles en tout genre, de bébêtes qui aiment ce genre d'endroits sombres ou l'air se fait rare...
Des poussières... des tas de poussières... C'est vraiment tout ce qui m'a marqué dans ce rêve...


5 commentaires

Glabou a dit…

Joli histoire. Tu racontes très bien.

Anonyme a dit…

Coucou Opaline,
Il y a des rêves qui en disent beaucoup, sur notre inconscient, nos peurs et nos désirs...
Bisous.

Tant-Bourrin a dit…

A force de compter les moutons pour s'endormir, on finit par rêver de poussières...

Une histoire très prenante en tout cas, on frémit en la lisant !

SUMIE a dit…

C'est pas souvent que tu fais ce genre de cauchemards au moins ??? :S

Opaline a dit…

-> Glabou: Merci ;-) ...

-> Fofi: (si si, je sais que c'est toi, je t'ai vue ^^)... Et tu as tout à fait raison... D'ailleurs, j'ai réussi à interpréter le plus gros du rêve, mais je coince sur cette fameuse chose...
Mais gros bisous à toi ;-)...

-> Tant-Bourrin: Ça doit sans doute être vrai... Mais en tout cas, merci ;-) ...

-> Sumie: Et bien, je dirais que la plupart de mes nuits sont des nuits sans rêves (enfin du moins des nuits où je ne dors pas assez pour pouvoir me souvenir de mes rêves)... Mais lorsque rêves il y a, et bien si, cela ressemble souvent à ça ces derniers temps... Des rêves malsains, sombres et ténébreux... Donc en fait, je ne "fait" plus que ce genre de rêves pour l'instant (sic), mais quelque part, j'ai l'habitude...
J'espère seulement qu'un jour je pourrai à nouveau faire des rêves plus joyeux...

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